Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 06:54
La vie n'est pas toujours tendre pour les héroines!!


 

L’équipe des urgences eut beau tenté l’impossible, la jeune fille perdit l’enfant et faillit même y laisser la vie.

Quand tout fut terminé, et que sa patiente fut installée, encore endormie, dans une chambre, l’obstétricien vînt voir Joël et Rosario qui, inquiets, s’impatientaient dans la salle d’attente.

-         « Alors, docteur, s’écrièrent-ils dans un ensemble parfait. »

Le médecin les regarda d’un air consterné :

-         « Je suis désolé, dit-il, nous n’avons rien pu faire. Votre amie souffrait d’un hématome rétro-placentaire…La délivrance a pu se faire par voies basses mais l’hémorragie a été très importante. Nous avons du la transfusée à plusieurs reprises. Elle était en état de choc et, je ne vous le cacherai pas, sa vie n’a tenu qu’à un fil pendant un long moment. Nous avons eu peur mais le pire est derrière nous !

-         Vous en êtes sûr ? Demanda une voix anxieuse teintée d’un léger accent. »

Le praticien se tourna vers le nouvel arrivant.

-         « Vous êtes de la famille de Mlle Sand, interrogea-t-il.

-         Son mari. »

L’heure n’était plus au secret, un drame venait d’arriver et Nathalie avait besoin de lui. Le visage ravagé par l’inquiétude, Mike Storm s’approcha du groupe :

-         « Vous êtes sûr, insista-t-il, Nathalie va bien ?

-         Elle est faible mais ses jours ne sont plus en danger, le rassura le médecin. Bien sûr, ajouta-t-il d’un ton las, nous n’avons rien pu faire pour l’enfant.

-         Comment se fait-il que son état se soit dégradé d’un seul coup ?interrogea Rosario.

-         D’après ce que m’a dit le gynécologue qui la suivait, votre amie se plaignait de fatigue et douleurs diffuses dans l’abdomen.

-         Exact, confirma Joël, il pensait la faire hospitaliser si ça n’allait pas mieux.

-         Elle aurait fait une chute de cheval, il a quelques temps, m’a-t-il dit ?

-         Oui, c’est comme ça qu’elle a appris sa grossesse, intervint le chanteur. Cet accident aurait un lien avec ce qui vient de se passer ?

-         Il n’y a aucun doute, affirma le praticien. Il s’est formé, à ce moment là, un hématome qui est passé inaperçu et qui, malheureusement, a grossit.

-         On aurait pu le diagnostiqué dés le début alors ? insista Mike.

-         Il aurait fallu qu’il y ait le matériel nécessaire là où elle a été hospitalisée. Ici, nous avons un service néo-natal performant, c’est un peu notre spécialité, mais ce n’est pas partout le cas.

-         Est-ce qu’il y aura des conséquences ?

-         Aucune, rassurez-vous. Dans quelques temps vous pourrez penser à un autre bébé.

-         Peut-on la voir ? Demanda Mme Lopez.

-         Je vais d’abord accompagner votre ami auprès de son épouse. Je pense qu’il leur est nécessaire de rester un moment seuls. Vous pourriez revenir cet après-midi ? proposa le médecin.

-         Tout à fait, dit Joël, nous comprenons très bien qu’il leur faille un peu de temps pour faire face à ce qui vient d’arriver. Je te téléphone, dit-il à son ami. »

Mike acquiesça de la tête et emboîta le pas au praticien.

-         « Pobre niña, murmura la gouvernante, elle voulait tant ce petit !

-         Plus que vous le pensez Rosario, avoua l’entraîneur, et, malgré les apparences, le père aussi.

-         Ils vont avoir besoin de vous !

-         De vous aussi, mon amie, vous êtes comme une mère pour Nathalie. Enfin, pour l’instant, il vaut mieux retourner à la maison. »

 

Avant d’ouvrir la porte de la chambre, le médecin se tourna vers le chanteur.

-         « Vous allez la trouver endormie mais c’est normal, l’avertit-il, je lui ai fait donner un calmant. Les jours qui suivent vont être difficiles, ajouta-t-il. Je ne mets pas en doute votre peine mais celle d’une mère est différente à celle d’un père. Pour elle, ce bébé était quelque chose de très réel : elle l’a senti bougé, vivre en elle... Si le besoin s’en faisait sentir, je pourrai vous adresser à un confrère, très compétant, qui pourrait vous aider.

-         Je ne pense pas que se sera nécessaire docteur, je vous remercie. Pour tout vous dire, je n’aime pas beaucoup tout ce qui commence par psy. Je suis sûr que nous avons assez de force en nous pour nous en sortir. Combien de temps pensez-vous la garder ?

-         Normalement, l’hospitalisation est de quelques jours mais si vous me promettez qu’elle gardera le lit le temps voulu, et si tout va bien, je peux signer l’autorisation de sortie après-demain matin. Il est évident qu’elle sera mieux chez vous qu’ici. Bien, je vous laisse. Bon courage. »

Mike entra et resta un moment sur le seuil, les yeux fixés sur la silhouette dissimulée par les draps blancs. Le visage enfoui dans l’oreiller, Nathalie pleurait, le corps secoué de sanglots silencieux.

-         « Love, murmura-t-il en s’asseyant prés d’elle et en lui caressant doucement les cheveux, chuttt ! My love, il ne faut pas te mettre dans cet état.

-         Mi, s’exclama la jeune fille en se jetant dans ses bras, Mi, j’ai perdu le bébé, notre bébé !

-         Je sais, le médecin m’a tout expliqué. Tu as failli mourir tu sais !

-         Il parait.

-         Nat, s’écria le chanteur, j’ai beaucoup de peine pour le bébé mais si, toi aussi, tu étais partie... je ne l’aurai pas supporté !

-         C’est vrai ? l’interrogea-t-elle sceptique.

-         Oh oui ! Je sais que je ne t’ai pas donné beaucoup de nouvelles mais j’ai pensé tout le temps à toi. S’il t’était arrivé quelque chose, je ne me le serais pas pardonné. »

Pour mieux la convaincre, il prit ses lèvres et ils échangèrent un baiser emplit de tendresse mêlée de tristesse. Les mots refusant de venir, ils laissèrent s’exprimer leurs corps. D’ailleurs, avaient-ils besoins de parler ?

Ils restèrent ainsi, enlacés, pendant un long moment, jusqu’à ce que, les médicaments aidant, Nathalie s’endorment dans les bras de Mike. Celui-ci, tout en la gardant contre lui, s’allongea à ses côtés et ferma les yeux sur sa douleur.

Il avait eu son lot de chagrins, comme tout le monde, mais, pensa-t-il, la perte d’un enfant est bien la plus cruelle qui soit. Il s’en voulait d’être resté loin de sa femme, de l’avoir sacrifié à sa vie d’artiste et à ses « amitiés ».

Elle ne méritait pas d’affronter ce drame toute seule, en étant absent alors qu’elle avait besoin de lui, il avait manqué à sa parole.

Des larmes coulèrent sur ses joues. Il ne fit pas rien pour les retenir, ni pour les essuyer et resta là, immobile, appuyé contre la chevelure sombre, perdu dans sa douleur et ses remords jusqu’à ce que le téléphone sonne.

-         « Oui ?

-         C’est Jo. Comment ça va ?

-         Elle dort, dit-il en parlant à voix basse.

-         Et toi ? Tu tiens le coup ?

-         Ça ira, affirma le chanteur. Je crois que le plus dur est passé. Du moins pour moi. Le fait qu’elle aille bien m’a facilité les choses.

-         Vous avez pu parler ?

-         On n’a pas essayé. C’est trop tôt. Au fait, le toubib pense qu’elle pourra sortir après- demain matin, à condition qu’elle se repose, bien sûr.

-         C’est une bonne nouvelle. Je te laisse, je te rappellerai demain.

-         Attends, l’arrêta Mike, je voudrais te demander un service.

-         Tout ce que tu veux, l’assura Joël.

-         J’aimerais que tu te renseignes pour acheter une concession. Nous aimerions qu’il y est une cérémonie religieuse, même succincte. Et puis, il vaudrait mieux que le petit soit enterré avant que Nathalie sorte de l’Hôpital.

-          Tu as raison, ce serait trop dur pour elle. Je vais appeler la Mairie et le Curé pour tout organiser. Ne t’inquiète pas, le rassura-t-il, je m’occupe de tout.

-         Merci.

-         Au fait, vous aviez pensé à un prénom ?

-         Non. Tu n’as qu’à lui donner celui de mon père : Peter.

-         Bon, je fais le nécessaire tout de suite.»

Nathalie passa le reste de la journée et celle du lendemain à dormir. Elle n’ouvrit les yeux que pour se nourrir ou faire un brin de toilette. Le médecin estimait que le repos était nécessaire pour qu’elle reprenne des forces.

-         « Plus elle sera reposée, expliqua-t-il à Mike, plus elle sera à même de faire face à la situation. Avant qu’elle ne parte, je lui prescrirai un calmant léger, ça pourra l’aider.

-         Est-ce bien indispensable docteur, demanda le chanteur, je ne voudrais pas qu’elle s’y habitue. Ma femme a une grande force de caractère mais j’ai peur que vos pilules l’annihilent et qu’elle se laisse aller.

-         Je lui donnerai quelque chose de très peu dosé, ne vous inquiétez pas. »

Par aveyronnaisedecoeur
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